Mes convictions 2009




Notre société est actuellement manifestement déstabilisée sur le plan économique, social, et même quant à ses valeurs fondamentales. L’absence de dialogue entre le tiers-monde et les milieux économiques occidentaux ainsi que les propos bellicistes aggravent encore cette situation. Des mesures drastiques ont été prises par les Etats-Unis et l’Union Européenne pour lutter contre la crise économique. L’entrée en fonction du nouveau président des USA Barack Obama s’accompagne des plus grandes attentes et des plus grands espoirs pour changer les états d’esprit et apaiser les conflits dans le monde.

La Suisse n’est pas à l’écart de cette évolution. Les uns pensent que seul l’Etat est encore en mesure de compenser les déficiences ou les abus des uns et des autres. L’expérience a montré les limites de l’interventionnisme étatique autoritaire. L’autorité n’est respectée que dans la mesure où elle est une émanation démocratique de la société avec laquelle elle agit en synergie. D’autres rêvent encore des temps des trente dernières glorieuses où notre pays jouissait à la fois d’une prospérité sans pareille et d’une bonne réputation internationale. Ce n’est malheureusement pas avec les recettes du passé, ni en remettant en question le fonctionnement institutionnel, ni en nous entraînant dans une voie solitaire sans issue que nous retrouverons cet état de grâce.

Face à ces extrêmes inapplicables il s’agit de trouver des solutions en fonction des données de notre temps et des développements qui s’amorcent pour l’avenir. Cela postule la restauration de la confiance et de la solidarité pour travailler ensemble en toute circonstance et non seulement face aux difficultés économiques et sociales. Plusieurs axes sont à ce titre prioritaires : le rétablissement dans toute la mesure du possible de la stabilité économique, sociale, et de la sécurité.

Mieux vaut s’accommoder d’une croissance faible et constante que de valeurs à 2 chiffres éphémères. Il n’est pas possible non plus de compter sur une situation particulière comme le secret bancaire (dont le bénéfice n’est certes pas à négliger) pour assurer l’avenir à long terme. Dans tous les domaines, la qualité et l’innovation doivent jouer un rôle concurrentiel déterminant. Il importe donc de consentir un effort permanent sur la formation et la recherche à tous les niveaux. Les plans de relance actuellement en cours d’élaboration sauveront sans doute quelques entreprises phares de la faillite. Mais cela ne suffira pas à changer les paradigmes comportementaux de la consommation et de la gestion financière. Un processus plus lent de restructuration du fonctionnement de la société devra donc être mis parallèlement en place pour restaurer la sérénité.

L’agriculture continue à souffrir d’une situation fondamentalement inéquitable avec des charges d’exploitation excessives en raison entre autres des exigences légales multiples à laquelle elle est soumise. De façon générale, les prix sont trop chers en Suisse sans autre justification qu’un « seuil de douleur élevé », aussi bien celui des tracteurs que celui des médicaments. Les prix de la viande et du lait à la production se sont pourtant effondrés ces dernières années sans que le consommateur ne remarque aucune différence significative sur les rayons des grands distributeurs. Un accord de libre échange avec l’UE permettrait sans aucun doute de dynamiser l’ensemble du système. Mais cela n’ira sans doute pas sans reprise de l’acquis communautaire, en l’occurrence la politique agricole commune. Cela impliquerait des contributions de la Suisse au fonds communautaire sans participation politique. Les esprits n’y sont certainement pas prêts. Cela est un exemple – il y en a d’autres – des limites des accords bilatéraux.

Ces derniers ont permis de résoudre nos problèmes de mains d’œuvre. Cela ne devrait pas servir d’oreiller de paresse en matière de politique d’immigration ni justifier une sa rigidité inadaptée. Comme dans tous les pays développés la natalité est trop faible pour assurer un renouvellement naturel. Une ouverture structurée est donc incontournable. Mais elle ne saurait se confondre avec l’asile qui repose essentiellement sur une immigration conditionnée par les conflits et la pauvreté. Et surtout la provenance des requérants exclut bien souvent tout accord de coopération dans le domaine de la formation/développement avec une vision à long terme. L’asile doit rester une situation d’exception et non devenir une soupape incontrôlable aux difficultés économiques et politiques des pays du tiers-monde. La Suisse se doit dans ce domaine ainsi que dans de nombreux autres de collaborer prioritairement avec l’Union européenne.

La remise en question des accords bilatéraux que nous vivons en ces débuts de 2009 dans la perspective d’une votation populaire à la suite d’un referendum dépasse l’entendement. Durant les 7 années passées ils ont contribués de manière très significative à notre prospérité. La libre circulation des personnes n’a occasionné aucune difficulté particulière et les Suisses en ont également largement bénéficié. Ils n’ont strictement rien à voir avec la crise économique et ne contribue en aucune manière à la faire perdurer ou à l’aggraver, bien au contraire. Par contre ils entretiennent indiscutablement un isolement politique en nous excluant de toute influence et de toute participation aux décisions qui pour finir nous concernent également. Reconduire les accords bilatéraux est un premier pas indispensable. Cela n’exclut pas d’en envisager d’autres en direction de l’adhésion à l’UE par la suite. Cela exige de sortir de conceptions idéologiques manifestement dépassées.

Le vieillissement démographique auquel contribue l’amélioration constante de la technologie médicale pose un problème majeur pour l’avenir. A cela s’ajoute la chute des marchés boursiers qui a pris au piège des investisseurs institutionnels. Les futurs retraités des années 2010 et suivantes doivent savoir maintenant de manière précise sur quoi ils peuvent compter. Modifier après coup des prestations pour lesquelles ils ont cotisé est une forme d’escroquerie. La XIe-XIIe révision de l’AVS doit donc être abordée avec sérénité et non dans un climat de contestations polémiques peu constructives. Cela implique également qu’un financement additionnel de l’AI soit rapidement mis en place et que la gestion financière de cette assurance soit rigoureusement séparée de l’AVS. Dans le domaine de l’assurance-maladie un processus complexe de rationalisation est en cours et durera encore plusieurs années. Mais il ne fera pas l’économie de choix essentiels sur ce qui émarge effectivement à l’assurance sociale, à quelles conditions, et ce qui n’en relève pas. Aucun dispositif de gestion raisonnable ne pourra être mis en place tant que les intérêts particuliers et les guerres de pouvoir l’emportent sur le dialogue partenarial.

Enfin le développement de la violence à tout propos a pris dans nos cités et même en périphérie des proportions absolument inacceptables. Cela demande un effort de prévention et de répression considérable. Les priorités de l’intervention de la police et les procédures judiciaires doivent être redéfinies. De toute évidence le système des jours-amendes ne donne pas satisfaction. Sur le plan de la sécurité extérieure la menace terroriste doit être au premier plan de nos préoccupations. Cela suppose une réorientation de l’armée avec une collaboration internationale dans le domaine du renseignement et de l'interopérabilité conformément au rapport de sécurité 2000, et le développement d’une interface armée/police/Confédération/cantons refusée jusqu’ici pour des raisons idéologiques.