14.01.08 Le renouveau du Parti radical

14.01.08 Le renouveau du Parti radical


Sévèrement secoué par la grave défaite électorale subie lors des dernières élections fédérales d’octobre 2007, le Bureau exécutif du Parti radical vaudois a donné rendez-vous à ses têtes pensantes le 14 janvier dernier pour dégager quelques pistes.

Après avoir entendu une analyse des résultats, il en est ressorti toute une série de suggestions. Mais celles-ci se sont toutes concentrées sur les aspects thématiques, rarement sur les aspects de société. Il est vrai qu’à quelques exceptions près le Parti radical suisse, et vaudois aussi, ont su cumuler les positions de nature à se faire sanctionner par l’opinion publique par la suite. On citera entre autres le paquet fiscal et l’AVS. En matière d’allocations familiales, le PRDV a tenté de redresser la barre, mais le train était déjà parti et il n’a guère été entendu, en particulier outre Sarine. Mais le problème est-il seulement thématique ?

Il est aussi tactique. L’attitude pour le moins peu réceptive vis-à-vis d’Ecologie libérale suivie d’une tentative de récupération maladroite n’a pas été sans suites. De même le style hautain vis-à-vis du PDC vaudois reflétait une arrogance de Parti gouvernemental majoritaire révolue. Ces erreurs d’appréciation ont néanmoins joué un rôle rédhibitoire. Dans ce contexte les anciens nostalgiques de l’Entente vaudoise d’une fois n’ont pas fait mieux. L’UDC de ces dernières années n’a plus rien à voir avec celle des agrariens d’une fois. Même si ses représentants vaudois sont souvent de « bons gaillards », leur allégeance à la majorité dure alémanique entre en pleine contradiction avec les objectifs du Parti radical. Cela est ressorti de manière flagrante au cours de la campagne de Charles Favre et de Guy Parmelin. Ce dernier a manifestement pris le leadership de l’opération et condamné Charles Favre à des contorsions qui ont annihilé ses chances d’élection au Conseil des Etats. Les Vaudoises et les Vaudois ont clairement fait savoir que leurs options majoritaires se trouvaient ailleurs. Et le succès de Jacques Neyrinck devrait faire réfléchir. De toute évidence le principal défaut du PRD est non seulement d’avoir renié son pragmatisme populaire, mais aussi son manque de visibilité, d’engagement et de travail.

Les décisions sont prises en effet par un Bureau exécutif qui reste complètement isolé de sa base, de ses commissions, arrondissements, et sections. Même si les vice-présidents devraient se faire l’écho de ces dernières, le contact est de toute évidence grossièrement déficient. Des représentants des élus fédéraux siègent bel et bien dans ce Bureau, mais les préoccupations restent essentiellement cantonales et au niveau du Grand Conseil. Leur avis est pratiquement ignoré. Enfin il n’est guère tenu compte des avis des commissions. Le militant de base qui désire s’engager se trouve de fait privé des moyens de se faire entendre. A cela s’ajoute un déficit manifeste de communication et d’appréciation de la présidence. Cela finit par faire beaucoup, mais l’on n’en parle pas…ou du moins pas publiquement.

Le PRDV a décidé de mettre en place des groupes de travail. Dont acte. Mais tant qu’il n’aura pas retrouvé le pouls des Vaudoises et des Vaudois, tant que ceux-ci ne pourront pas s’identifier à lui comme ce fut le cas dans le passé et en particulier du temps de Jean-Pascal Delamuraz, les chances de remonter la pente restent minces. Le Parti radical suisse ne vient-il pas de rejeter fermement la politique du passé qu’il qualifie de « centre gauche » ? Elle avait pourtant le mérite d’être proche des gens, mais demandait un énorme travail de terrain au niveau des Communes et des sections qui fait gravement défaut actuellement. Tant qu’il se limitera à être l’émanation d’Economiesuisse et de l’Union patronale suisse, tant que le PRDV n’arrivera pas à se distinguer pour influencer cette orientation élitaire par des positions humanistes en accord avec la société du XXIe siècle, la descente aux enfers se poursuivra.