04.03.08 Le groupe radical veut renvoyer au Conseil fédéral la 11e révision de l'AVS

04.03.08 Le groupe radical veut renvoyer au Conseil fédéral la 11e révision de l'AVS


L’évolution démographique avec une baisse de la population active lente et inexorable à 65% du total d’ici à 2020 et une augmentation des plus de 65 ans à 35%, alors que la proportion était de 80%/20% en 1960, pose indubitablement à moyen/long terme des problèmes de financement inquiétants. C’est le cas de tous les pays occidentaux à la natalité déficiente et présentant donc une société vieillissante. Comme en Suisse la rente AVS des retraités est financée par les actifs de moins de 65 ans qui travaillent, il n’est pas possible d’exiger d’eux sans autre que leurs cotisations permettent de prendre en charge deux fois plus de rentiers que lors de la mise en place du système intergénérationnel en 1947.

La première mouture de la 11e révision de l’AVS visait non seulement à mettre à égalité la retraite des hommes et des femmes à égalité à l’âge de 65 ans, ce qui permet une économie de 620 millions, mais encore de réviser les rentes de veuves de manière à en limiter l’accès. En compensation la possibilité de percevoir une rente anticipée sans pénalisation excessive pour les bas revenus voyait le jour. Ce n’était que rendre justice aux métiers essentiellement physiques tels que la construction et autres que les intéressés parviennent rarement à exercer jusqu’à 65 ans. Dans la règle une rente anticipée s’impose, le plus souvent sous forme de rentes AI, ces personnes étant « cassées » par des pathologies diverses consécutives à la dureté de la tâche. Le Conseil des Etats avait poussé la rigueur de l’exercice jusqu’à non simplement ne rien vouloir de cette flexibilisation partielle, mais encore à supprimer complètement la rente de veuve pour ne la remplacer que très partiellement par des rentes d’orphelin améliorées. Cela permettait des économies de près d’1 milliard de CHF. Bien des femmes seraient ainsi restées sur le carreau avec l’obligation de reprendre une activité professionnelle au-delà de la cinquantaine. Le peuple, qui avait frisé l’acceptation d’une initiative pour la flexibilisation des retraites en 2001, avait repoussé massivement en 2004 cette version ultra-svelte de la 11e révision.

Le Conseil fédéral est revenu à la charge en proposant une nouvelle formule sous forme d’un « pont AVS » financé par les prestations complémentaires en plus bien sûr de la mise à égalité des hommes et des femmes avec une retraite à 65 ans pour tous. Cette nouvelle version, manifestement boiteuse n’avait pas eu l’heure de plaire à la Commission du Conseil national. Il était revenu à la charge avec une flexibilisation « light » pour les bas revenus sur un modèle analogue à celui de la première version de la 11e révision.

Le Conseil des Etats a mis du mou aussi dans sa position. Et voici que le groupe radical préconise, soit disant à l’unanimité, la rigueur financière dure et pure et entend tout simplement renvoyer l’ensemble du projet au Conseil fédéral. Cette unanimité n’est que de façade, car bien des figures notables ne s’y sont ralliées finalement que contre leur conviction. Il entend passer directement à la 12e révision.Cette position intransigeante va être bien difficile à expliquer à la suite de la communication ces derniers jours des résultats de l’exercice 2007 de l’AVS. Celui-ci voit une augmentation du bénéfice, certes passagère, de 1 milliard de CHF. Cet excès de zèle radical, sans doute fondé à long terme, va une fois de plus se heurter à l’incompréhension générale. C’est devenu une spécialité : chaque fois que l’occasion s’en présente, les radicaux offrent leur tête à couper, faute du pragmatisme qui faisait leur vertu d’antan.Les visions étriquées d’Economiesuisse ne sont malheureusement pas toujours conformes à l’intérêt général…