Campagne Schengen-Dublin

03.06.2005
L’absence de punch des partisans de Schengen est stupéfiante déclare Thierry Meyer dans le Le Temps du 01.06.05. Comme cela est aussi vite dit que facilement dit. Certes on peut partager l’opinion du journaliste quant au manque de flexibilité et d’adaptation des milieux économiques. Mais pour le reste je me permets de lui retourner ses propres arguments. Que fait la presse face à une campagne qui va au-delà du simple dérapage pour prendre une tournure de dénigrements mensongers et d’insinuations xénophobes perverses absolument inacceptables ? Elle se contente de parler de radicalisation et de changement dans les mœurs alors que ces méthodes respirent un fascisme rampant digne des années trente. Nulle part on ne trouve de condamnation sans appel de ces comportements de l’UDC. A force de les banaliser et d’en minimiser la portée, ils s’infiltrent de manière sournoise dans les mœurs électorales pour remplacer subrepticement une démocratie basée sur le débat politique par celle de la corruption par l’argent et du terrorisme émotionnel.

Que peuvent faire les opposants à ce genre de procédés ? Doivent-ils sombrer dans les mêmes travers pour ajouter encore davantage à la confusion et à la désinformation ? Les lettres de lecteurs sont limitées à une intervention toutes les 6 semaines, il en va également de même des articles de fond. Le citoyen, le député ou le parlementaire fédéral se voit donc rapidement démuni. La presse écrite et audio-visuelle prend une espèce de délectation voyeuriste à voir les extrêmes s’entredéchirer. Les propos mesurés et raisonnables sont tout simplement exclus du débat et réduits à néant. Seule une dénonciation unanime, gouvernement compris, est susceptibles de mettre un terme à des pratiques scandaleusement abusives qui mènent lentement et sûrement ce pays à sa perdition.