09.08.08 Cérémonie d’ouverture de jeux olympiques de Pékin :otages de la politique et du prestige national ?

09.08.08 Cérémonie d’ouverture de jeux olympiques de Pékin :otages de la politique et du prestige national ?


Au soir du 8 août à Pékin, la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques d'été a répondu largement aux attentes. 5000 ans d’histoire de la Chine contée par Zhang Yimou, avec une multitude incroyable de figurants (plus de 15'000) fonctionnant avec une synchronisation parfaite, au-delà de l’imaginable. Costumes impressionnants, chants d’une très grande beauté, en particulier le le poème à la gloire de la Chine déclamé par une petite fille dont le naturel n’a en rien mis en question la perfection, tout cela accompagné de salves répétées de feux d’artifices grandioses. Le spectacle était superbe, devant un parterre de politiciens non moins considérables (90 chefs d’état et présidents, dont l’inévitable Georges Bush, Nicolas Sarkozy, et bien sûr Pascal Couchepin, 160 ministres, le bureau du Parti communiste chinois, tous aux ordres du Président Hu Jintao ? L’esthétique et la qualité irréprochable de la cérémonie ont permis de faire accepter cette politique de grandeur. La Chine est l’une des plus grandes puissances du monde, nous le savions et maintenant nous le savons. Les jeux olympiques 2008 seront d’un niveau exceptionnel et resteront sans aucun doute dans les mémoires.

Si les statistiques abondent quant au nombre de participants, de costumes, ou d’engins pyrotechniques, mais personne ne parle de la facture. Les jeux sont attribués à une ville organisatrice, ce qui avait été la cause de l’échec lausannois en son temps. Car même si la leçon avait été retenue pour la candidature de Sion, les engagements de la Confédération dans ce domaine restaient plutôt modestes et même contestés. Selon toutes vraisemblances les moyens accordés par la République populaire de Chine ont dépassé toute mesure. On parle même de budget illimité accordé aux organisateurs. Cette politique de pur prestige sans discipline financière transparente est manifestement malsaine.

Qui plus est les grandes déclarations solennelles d’amitié entre les peuples et même le serment olympique ne correspondent pas absolument avec la politique extérieure et intérieure chinoise menée actuellement. Certes on a constaté avec satisfaction certains assouplissements comme par exemple la présence d’une délégation d’athlètes taïwanaise. Mais jusqu’où vont de telles concessions ? S’agit-il uniquement d’un geste de circonstance ? Le scepticisme reste de rigueur.

Les jeux olympiques sont manifestement et ce n’est pas nouveau prisonnier de la politique. C’est une occasion informelle pour les responsables de se monde de se rencontrer et il se fait certainement un travail significatif en arrière-boutique. Mais le Comité international olympique fait lui aussi de la politique dont l’emblème est le sport et sa place dans la société. Il avait été décidé il y a quelques années d’en revenir à des jeux plus simples et plus respectueux de l’environnement. Dans ce domaine la Chine n’a certainement pas donné l’exemple. Osons simplement espérer qu’elle n’aura pas déclenché à nouveau le signal de la surenchère, mais au contraire encouragé ses successeurs à mettre davantage l’effort sur la solidarité et l’amitié que sur le luxe et la grandeur.