06.11.08 L’impressionnante élection de Barack Obama : victoire de l’esprit positif toujours prêt au dialogue

06.11.08 L'impressionnante élection de Barack Obama: victoire de l'esprit positif toujours prêt au dialogue


Les journaux, la radio et la télévision se sont livrées hier à une vaste analyse de la l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Ils en sont dans la règle restés à des appréciations techniques, politiques et stratégiques, sinon quant à ses origines. Certes l’argumentation proposée aux citoyennes et citoyens américain était empreinte d’un esprit de profond renouveau et remarquablement structurée. Mais la manière de la présenter, la manière d’être, font l’objet de bien peu de commentaires. Or il est insuffisant en l’occurrence de seulement parler d’un brillant orateur. Systématiquement Obama vient avec une approche positive. Oui, les défis actuels sont colossaux, crise économique et financière, situation militaire en Irak et en Afghanistan, tensions multiples dans le monde, disparités sociales gravissimes et inacceptable aux Etats-Unis, mais toujours, chaque fois il laisse entrevoir qu’il y a ou aura des solutions avec dynamisme. Peut-être pas dans l’immédiat, mais progressivement et lentement à terme pour autant qu’il y ait une volonté sociale et politique qu’il entend susciter.

Par ailleurs jamais Barack Obama ne s’est jamais mis personnellement en avant. Il a toujours fait appel au sentiment populaire et au dialogue. La tâche est commune, au dessus des états-majors des partis politiques. Il s’agit de composer avec toutes les forces en présence pour réussir.

Le Conseil fédéral s’est félicité de cette élection y voyant essentiellement des perspectives de collaboration améliorée. Mais la leçon de cette dynamique impressionnante n’en a pas été véritablement tirée. Il appartient pourtant de s’inspirer profondément de cet état d’esprit foncièrement positif. La Suisse est empêtrée dans la politique politicienne, avec un pragmatisme consensuel érodé par des positions idéologiques crispées, des ambitions personnelles et des intérêts particuliers. Le pays se recroqueville sur lui-même pour défendre pied à pied ses intérêts immédiats sans plus, non sans évoquer les « valeurs traditionnelles » au passage. A défaut d’élan véritable ce sont pourtant les grandes perdantes en fin de compte. Il n’est jamais ou trop rarement question d’ouverture sans la perspective d’un retour concret en contrepartie.

Il a été dit et redit que la solution doit se trouver dans le débat d’idées. Mais quasiment toute proposition se heurte à des arguments juridiques et formels sans parler de l’énorme inertie latente pour que rien ne change, surtout s’il en coûte de l’argent par-dessus le marché. Et pourtant la Suisse a dans tous les domaines une carte magnifique à jouer tant sur le plan intérieur qu’en Europe ou dans le monde. Encore faut-il en avoir la volonté et sortir des calculs d’apothicaires. Yes we can also do it !